Une journée dans la vie: des producteurs de houblon

Hops with truck

Une journée dans la vie: des producteurs de houblon

Bonjour, nous sommes Scott et Todd Hayhoe et, avec nos parents, nous exploitons une ferme dans le comté d’Elgin, en Ontario, qui a été établie en 1978. Nous cultivons un peu moins de 2 000 acres de maïs et de soya et 6 acres de houblon.

C’est dans le but de diversifier nos cultures que nous avons commencé à cultiver le houblon en 2014 et nous prenons un peu plus d’expansion chaque année depuis. Cela rend notre printemps beaucoup plus occupé et c’est toujours un jeu d’équilibre, mais nous sommes heureux de la façon dont cela fonctionne pour nous.

Résumer une journée dans la vie d’un producteur de houblon s’avère être un défi puisque le travail à effectuer d’un jour à l’autre change au cours de la campagne agricole. Pour nous, la saison débute plus tôt. Les plants commencent à sortir du sol au début d’avril. À ce moment-là, nous sommes occupés à couper les premières pousses, à épandre de l’engrais et des fongicides et à placer de la ficelle en fibre de coco. Nous sommes principalement des producteurs de grains et tous les producteurs de grains vous diront qu’au cours de votre vie, vous aurez entre 30 et 40 printemps pour ensemencer une bonne culture. Bien que le houblon soit une plante vivace, le principe demeure le même, nous établissons le rendement au cours des premiers mois de la saison.

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À ce moment de l’année, nos journées sont très différentes par rapport au milieu du mois d’août alors que les plants ressemblent à un mur vert de 18 pieds de hauteur. Bien que le houblon soit impressionnant tout au long de l’été, on peut dire sans se tromper que le printemps a la plus forte incidence sur le rendement. Nous sommes alors en présence d’une nouvelle pousse vulnérable dans les conditions les plus froides et humides que le plant aura à affronter le reste de l’année. Nous tentons également de synchroniser toutes les activités afin de nous assurer que les plants parviendront à la hauteur maximale du treillis à la fin de leur période de croissance végétative aux environs du solstice d’été.

Alors, jetons un coup d’œil à une journée typique sur la ferme au cours de la deuxième semaine de mai.

7 heures – Notre journée commence tôt. Une fois que nous avons fait une reconnaissance (observation) des champs et vérifié les conditions du sol pour l’ensemencement, nous planifions le travail à effectuer pendant la journée. S’il y a une journée où rien n’est prêt à être ensemencé tôt, le soleil et le vent peuvent changer beaucoup, nous ferons une reconnaissance pendant toute la journée. Au printemps, c’est l’ensemencement qui a la priorité sur notre ferme et l’une des plus importantes décisions que nous prendrons au cours de l’année est celle du meilleur moment où un champ est prêt pour l’ensemencement. Une bonne décision peut entraîner un rendement maximal et une mauvaise décision peut entraîner un rendement grandement réduit. 

8 heures – Il est temps de se rendre à la houblonnière pour entraîner les plants. L’entraînement est une activité qui doit être faite tous les ans, une fois que les plants sont sortis de terre et ont été taillés, afin de favoriser la croissance, et une fois qu’on a installé la corde en fibre de coco dans toute la houblonnière pour permettre à chaque plant d’y grimper.  

Nous installons deux cordes en fibre de coco à partir du treillis de 18 pieds de hauteur à chaque plant et nous fixons chacune dans le sol. L’entraînement implique qu’il faut examiner chaque plant, trouver les 4 à 6 meilleures tiges de houblon parmi les douzaines qui ont poussé et en enrouler 2 ou 3 sur chaque corde dans le sens horaire. En raison de sa nature répétitive, cette activité est très longue et très exigeante sur le plan physique, mais on l’exécute seulement une fois par année.

Une fois que les pousses se sont enroulées autour de la corde, elles s’y accrochent et continueront leur ascension de 18 pieds d’elles-mêmes en s’enroulant au fur et à mesure.

18 heures – Au cours de l’entraînement, nous effectuons également de la reconnaissance. Le mildiou est assez courant pendant nos printemps frais et pluvieux et doit faire l’objet d’une surveillance et d’un contrôle constants. Ce soir, je vais circuler dans la houblonnière pour épandre un fongicide à l’aide d’un pulvérisateur à jet. Tout au long de la saison de croissance, nous effectuons de l’épandage toutes les semaines en alternant nos produits, le plus souvent dans le cas du mildiou, mais également pour lutter contre les insectes nuisibles et d’autres maladies végétales. Nous épandons également à l’occasion un engrais foliaire.

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Nous inspectons le houblon presque tous les jours afin de déceler des maladies ou des insectes nuisibles. Toutes les semaines, nous épandons des fongicides ou des insecticides afin d’empêcher les animaux nuisibles et les maladies, comme le mildiou et la cicadelle de la pomme de terre, de détruire le houblon. Nous irriguons quotidiennement pour répondre à la demande en eau. Le houblon doit croître dans un endroit bien éclairé et dans un sol qui se draine bien, mais il a également besoin d’un approvisionnement constant en eau. Nous ajoutons régulièrement un engrais à l’eau que nous donnons au houblon afin que les plants obtiennent les nutriments dont ils ont besoin jusqu’à la racine.

La récolte de notre houblon survient pendant un mois à partir de la mi-août au début septembre, soit quelques semaines avant la récolte de notre maïs et de notre soya, ce qui nous facilite la tâche à l’automne. Nous pouvons déterminer que le houblon est prêt en vérifiant son taux d’humidité. Nous le récoltons en coupant tout le plant à sa base, puis en l’amenant à un séparateur stationnaire, une récolteuse Wolf. 

Notre saison prend fin lorsque nous avons terminé de cueillir notre houblon, de faire l’entretien de tout l’équipement, de retourner la terre, de mettre de l’engrais, de pulvériser et, plus ou moins, d’en avoir entièrement terminé avec notre houblon quelques semaines avant de sortir notre moissonneuse-batteuse de la grange.

Nous sommes satisfaits de la troisième culture ajoutée à notre exploitation. Il s’agit de quelque chose de différent de bien des façons de ce que nous faisions auparavant, mais les principes de base demeurent les mêmes. Le houblon n’est pas facile à cultiver et son marché est volatil mais, dans notre cas, il s’agit d’une bonne façon de diversifier notre exploitation.

Scott et Todd Hayhoe dirigent Hayhoe Hop sur une ferme du comté d’Elgin le long des rives du lac Érié.

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